Le projet Greendock est un mauvais projet à plusieurs titres : il dégradera la qualité de l’air et du cadre de vie, renforcera une spécialisation économique défavorable au territoire, portera gravement atteinte à la biodiversité, et aggravera les risques liés à la Seine et aux inondations. Pour toutes ces raisons, il doit être rejeté.
1) Un impact lourd sur la qualité de l’air et le cadre de vieL’entrepôt logistique prévu entraînera une augmentation importante du trafic de poids lourds dans nos villes, notamment à Epinay. Ce surplus de camions aggravera les embouteillages déjà fréquents, accélérera la dégradation des routes — dont les réparations seront à la charge des collectivités — et accentuera la pollution atmosphérique.
À Epinay, des axes comme l’avenue de la République enregistrent déjà une qualité de l’air préoccupante. L’augmentation du trafic routier rendra la situation encore plus critique pour la santé des habitants et la qualité de vie du territoire.
2) Un projet économiquement défavorable au territoire
Greendock renforce la spécialisation historique de la Seine-Saint-Denis : un territoire au service de Paris, dédié à la logistique et au stockage. Cela va à l’encontre d’un développement économique diversifié dont nous avons besoin, orienté vers les filières d’avenir : construction durable, énergies renouvelables, économie circulaire.
De plus, les emplois générés par ce type d’entrepôts sont souvent précaires : peu qualifiés, physiquement éprouvants, majoritairement liés aux activités de commerce en ligne, avec peu de perspectives d’évolution. Cette dynamique ne permet ni l’ascension sociale ni une amélioration durable des conditions de travail.
Enfin, le projet émane d’un investisseur – Goodman -en lien avec Haropa, dont les priorités sont orientées vers les grandes métropoles (Paris, Rouen, Le Havre), au détriment des autres territoires.
3) Un projet destructeur pour la biodiversité
La construction de l’entrepôt implique la destruction d’une partie de la zone Natura 2000, qui abrite notamment des espèces d’oiseaux protégées. Cela, à lui seul, devrait conduire à l’abandon du projet.
Sur le plan scientifique, les experts internationaux (IPBES) alertent sur l’effondrement de la biodiversité et recommandent aux pouvoirs publics de renoncer à ce type d’aménagement fortement destructeur. Sept des neuf limites planétaires ont été dépassées : persister dans des projets comme Greendock est contraire aux exigences de transformation écologique.
Sur le plan légal, la compatibilité du projet avec la directive européenne « Habitats » reste incertaine. Sans preuve claire de conformité, il ne devrait pas être autorisé.
Enfin, la biodiversité n’est pas seulement une question réglementaire : c’est un choix de société. Cela suppose de reconnaître que l’humain doit partager l’espace avec d’autres espèces et préserver les derniers espaces naturels. Détruire ces zones fragiles nous éloigne d’un avenir soutenable.
4) Un risque aggravé pour la Seine et les inondations
Le projet prévoit un bâtiment gigantesque de 600 mètres de long et 35 mètres de haut construit en bord de Seine, sur un site en risque d’inondation élevé. De nombreux travaux prévus dans et au bord du fleuve sont soumis à l’autorisation préfectorale, notamment au titre de la loi sur l’eau, qui n’a pas encore été délivrée — et pour cause : les risques sont considérables.
En cas d’inondation, l’ensemble du site serait submergé, mettant en danger les travailleurs et risquant la dispersion de produits stockés dans la Seine. Lors de la décrue, les polluants pourraient être charriés vers le fleuve, aggravant la contamination de l’eau et perturbant l’écosystème aquatique.
La destruction annoncée des ripisylves — ces arbres et végétations en bord de cours d’eau —, pourtant intégrées au site Natura 2000, augmenterait encore le risque d’inondation. Ces végétations jouent un rôle essentiel : elles stabilisent les sols, absorbent une partie des crues et protègent les berges.
5) Conclusion : un projet inutile, dangereux et contraire à l’intérêt général
Greendock est un grand projet inutile :
écocide, car destructeur de biodiversité et de milieux naturels ;
économiquement inadapté, car renforçant une spécialisation dépassée ;
socialement discutable, en raison de la précarité des emplois créés ;
dangereux, au regard des risques d’inondation et de pollution.
Nous demandons donc aux autorités publiques de stopper immédiatement la mise en œuvre de ce projet et d’engager une véritable réflexion tournée vers un développement écologique, durable et respectueux du territoire.
